Je vous l’avoue : parfois même les questions (prompts) de journaling que je teste et rédige pour mes outils ne me sont d’aucun secours. Dans cette situation, il existe une autre forme de journaling plus intuitif que j’aime utiliser comme décharge mentale et que je vous invite à découvrir
Créer votre safe-place :
Comme pour la manifestation, le journaling intuitif demande un endroit sécure et calme. Le test est facile : pouvez-vous fermez les yeux et écouter votre discours intérieur sans être dérangé ou sans ressentir un risque quel qu’il soit. C’est le cas ? Parfait !
Maintenant, je vous invite à vous couper de toutes les distractions extérieures (à part vos animaux de compagnie).
Ritualisation :
Créer un décor, une atmosphère autour d’une habitude vous aidera à rendre ce moment agréable et facile à adapter à votre quotidien.
- une bougie que vous allumez dès que vous commencez à écrire et que vous éteignez lorsque vous avez terminé
- un chronomètre réglé sur 25 min au maximum de manière à garder votre concentration optimale
- un stylo agréable à tenir et un grand cahier (J’aime aussi les jolis carnets. Ceci dit, je les réserve pour le journaling guidé. En écriture intuitive, je préfère un cahier format A4 qui s’ouvre bien et qui ne va pas gêner le mouvement de ma main).
- pendant que vous écrivez vous pouvez écouter de la musique comme le Canon de Pachelbel ou les 6 suites pour violoncel seul de Bach, vous pouvez également utiliser des musiques appelées « musique de concentration » avec des sons ambiants apaisants, les tonalités douces et des rythmes réguliers qui sont censés synchroniser les ondes cérébrales avec les fréquences de battement binaural 8 à 14 hertz ce qui correspond aux ondes alpha du cerveau.
- Finissez votre séance en vous remerciant d’avoir pris ce temps pour vous et en vous félicitant sans « mais » ou « mieux ».
Laissez-vous parler :
Considérez vos pensées comme quelque chose que vous pouvez ou pourriez dire. Seulement vous ne les dites pas vous les écrivez. Il se peut que vous ne pensiez pas toujours avec des mots (vous avez des images devant vous ou vous ressentez quelque chose) mais vous pouvez toujours transformer vos pensées en mots.
Lorsque vous commencerez à écrire vous constaterez qu’il y a souvent plusieurs voix. Le but c’est de les laisser s’exprimer l’une après l’autre.
Par exemple, vous pourriez-vous entendre dire : « je l’aime tellement. Comment faire pour recoller les morceaux ? » alors qu’une autre voix s’élèvera pour exprimer une autre opinion « Il s’est tellement mal conduit, pas question de le faire revenir dans ma vie »
Pour en savoir plus, explorez qu’une seule pensée à la fois. Laissez vous parler. Activez votre capacité à écouter ce qui se passe à l’intérieur sans en penser quoi que ce soit dans l’immédiat. C’est vous qui racontez l’histoire mais vous êtes aussi celle qui explore la pensée, qui veut en savoir plus.
Plus que des nuages
Chaque pensée mérite d’être écrite et examinée. C’est un état d’esprit dans lequel vous ne vous souciez plus de ce que les autres en pensent.
On pourrait comparer cela à une forme de méditation. Mais il y a une différence essentielle : lorsque vous méditer, vous laissez flotter vos pensées comme des nuages ou des bulles de savon. Lorsque vous écrivez, c’est un peu comme si vous déballiez ces nuages ou explosiez ces bulles de savon. Vous voulez précisément savoir ce que ces pensées signifient pour vous, même si vous ne les aimez pas ou si vous ne comprenez pas du tout pourquoi elles vous traversent l’esprit.
A garder en mémoire
- Vous n’êtes pas responsable de ce que vous pensez et ressentez mais seulement des gestes qui découlent de cette pensée ou de cette émotion.
- Votre famille, vos amis ne sont pas obligés de lire ce que vous écrivez. Vous n’êtes même pas obligée de vous relire.
- La grammaire, le style et le fait de savoir bien écrire n’ont aucune importance dans cette forme d’écriture. Vous n’êtes pas tenu de produire un chef-d’œuvre
- Vous pouvez avoir un nombre infini de pensées sur le même sujet qui valent toute la peine d’être écrites et explorées
Le point de vue des neurosciences
Lorsqu’on écrit à la main, plusieurs zones du cerveau sont activées pour coordonner le processus d’écriture et pour traiter les pensées et les émotions exprimées :
- Le lobe frontal : Il est impliqué dans le contrôle moteur nécessaire à l’écriture manuscrite. Il est également associé aux fonctions exécutives telle que la planification, l’organisation et la régulation du comportement, ce qui est important pour la mise en forme des pensées lors du journaling.
- Le lobe pariétal : il est responsable du traitement sensoriel de la coordination motrice nécessaire à l’écriture manuscrite. C’est grâce à lui que tu vas choisir une qualité de papier, un stylo et que tu vas apprécier toutes les sensations tactiles et kinesthésiques associées à l’écriture à la main.
- Le lobe temporal : il est impliqué dans la mémoire à court terme et à long terme ainsi que dans la compréhension du langage. Lorsqu’on pratique le journaling cette région du cerveau est activée pour récupérer des souvenirs, des émotions et des expériences passées à exprimer par écrit.
- Le cortex cingulaire antérieur est associé au traitement des émotions et à la régulation des réponses émotionnelles. C’est cette région qui peut être activée pour exprimer et traiter les émotions vécues.
- L’hippocampe est la structure clé qui implique ta mémoire et l’apprentissage. C’est elle qui va stocker et récupérer des informations pertinentes à inclure dans ton journal.
Pour aller plus loin
Posez-vous la question « qu’est-ce que je veux dire par… ? » pendant que vous écrivez vous obtiendrez plus d’informations. Vous pourrez compléter les 3 petits points par n’importe quel mot ou phrase qui attire votre attention. Le mot que vous questionnez peut donc changer à tout moment mais la question en soi est comme un mantra, elle reste la même. Ecrivez toujours la question et votre réponse. Il vous faudra peut-être vous y habituer au début mais songez à la vitesse à laquelle fusent vos pensées. Écrire la question vous aidera à mieux vous concentrer, à renforcer votre pensée et à accroître vos capacités de réflexion et de discernement.
N’hésitez pas à alterner les méthodes de journaling, à les mixer avec des activités créatives comme le dessin, la peinture, le scrapbooking… ou à l’intégrer à votre bullet journal. Que vous choisissiez un outil de journaling guidé ou un cahier brouillon, l’essentiel est de vous sentir allégée et prête, non seulement à apaiser votre discours intérieur mais à faire en sorte de pouvoir le solliciter dans son plein potentiel pour votre quotidien.